Oh bien sûr, sans doute y a t’il songé certains jours de découragement mais la droite départementale pouvait elle prendre le risque de perdre sans doute sa dernière chance de garder le département de la Vienne.

Alors donc on nous propose de continuer comme ces deux dernières années !

Loin de moi de vouloir m’inscrire en faux sur les qualités de l’homme, généralement courtois, attentif, correct, il a su tourner une page de la gouvernance  départementale.

Pour autant ce bilan est il positif au point de vouloir continuer ?

Quitte à passer pour le mauvais esprit de service, je voudrais me livrer à un exercice me conduisant à une conclusion différente.

La gouvernance :

Pour ceux qui ont connu la présidence précédente l’amélioration est évidente.

Correction, transparence, informations partagées, la marge de progression était importante.Mais au delà de l’embellie facile à atteindre quelle est la réalité ? La correction et la courtoisie résistent peu à la contestation, les quelques élu(e)s qui ont osé critiquer se font généralement tancer vertement. J’en ai fait les frais et une collègue également à plusieurs reprises.

Sans doute est ce encore pire entre les membres de la majorité départementales, les élus de gauche assistent régulièrement à des coups de sang contre les élus qui contestent.

Mais pire encore, la gouvernance  ne se limite pas à la forme. De plus en plus de dossiers arrivent mal préparés, improvisés, sous la pression de l’un ou de l’autre on nous sort régulièrement un lapin du chapeau.

Le Futuroscope, le Vigeant, Salut L’artiste, le Wimax, Futurallia … On vend, on achète, on subventionne… Et tout cela sans projets, sans dossiers, sans vision globale départementale.

L’aide aux communes, les projets économiques, de plus en plus de voix font écho à des méthodes de gestion à la petite semaine. Manque d’information, dossiers qui n’avancent pas ou qui se perdent dans les services. Est ce la pagaille ou le flou organisé ? Difficile parfois de trouver une logique dans les dossiers présentés.

Il est certain que la répartition des élus de la majorité présidentielle en deux groupes ne simplifie pas les choses. Quoique là aussi on assiste à de grossières manœuvres pour assurer une majorité pour le budget et pour les projets les plus libéraux. Le dossier Futurallia voté par 19 voix contre 18 a manifestement fait l’objet de petites tractations qui n’honorent pas leurs auteurs.

Car l’ouverture a ses limites, s’il faut choisir entre les pressions du groupe ultra libéral et les tentatives consensuelles du groupe de gauche, la balance finit par pencher à droite.

Et cela nous mène à quoi ? Pas de grands projets, pas d’ambition pour le département, faute de moyens sans doute mais aussi faute d’une vision d’avenir.

Les dossiers sortent un par un au gré des demandes extérieures… Le département se laisse ballotter entre ceux qui veulent faire un coup financier comme la compagnie des Alpes ou de débarrasser d’une épine dans le pied comme pour le Vigeant.

Voulant protéger le gouvernement, le président préfère renoncer à 160 millions d’euros et se voit contraint de vendre le patrimoine et de reporter d’années en années des sommes économisées au détriment des compétences départementales pour reculer l’échéance d’une faillite annoncée.

Le social assuré à minima, la prévention négligée, les routes mal entretenues, les aménagements de sécurité en retard, des transports départementaux embryonnaires, plusieurs collèges dans un état préoccupant (j’en ai fait la démonstration en séance), les préoccupations environnementales restent anecdotiques et n’ont aucune influence sur les autres politiques, la politique économique reste sans cohérence avec l’échelon régional et se limite au soutien aux baronnies locales.

En ce qui concerne la communication c'est la continuité avec l'ère précédente, Vivre en vienne, Publicités dans la presse locale, dépliants de toutes sortes.

Alors oui, Claude Bertaud est un homme agréable et respectable. Il a des relations correctes avec le groupe de gauche et avec le président de l’agglomération de Poitiers. Oui c’est mieux qu’avant. Mais ce n’est pas pour autant satisfaisant et le département a besoin d’un changement de toute autre dimension.

Retrouver du souffle, assurer les compétences voilà comment nous pourrons démontrer la nécessité de la collectivité territoriale de base qu’est le département.

Cela passe par la nécessité d’une nouvelle majorité, avec un projet réaliste mais avec des ambitions pour la Vienne.

Une équipe nouvelle déterminée et cohérente doit diriger ce département dès 2011

Le groupe de gauche, avec son président doit y travailler et s’y préparer.